samedi 10 février 2018

Osamu Tezuka, Une vie en manga

- Informations -

Auteur : Tezuka Productions
Editeur : Pika
Coll. : Pika Graphic
Genres : biographie, historique
Date de parution : 24 janvier 2018
Prix : 35 € 
930 pages

- Quatrième de couverture - 

Quoi de plus approprié qu’un manga pour raconter la vie d’Osamu Tezuka, le “Dieu du manga” ? L’oncle Moustache, un de ses personnages fétiches, nous narre l’histoire de cet artiste fascinant aux 170 000 planches dessinées. Des univers qui l’ont inspiré à ses francs succès comme Le Roi Léo, La Vie de Bouddha ou encore Astro Boy, cette imposante biographie nous permet de découvrir Tezuka, son insatiable besoin de dessiner, sa curiosité permanente, sa passion pour l’animation et la création sous d’innombrables formes !

- Mon Avis - 

Déjà je voudrais remercier les éditions Pika pour leur confiance. J'ai eu l'agréable surprise de recevoir ce colossal manga dans ma petite boîte aux lettres, j'étais heureuse. 

Je ne vous apprends rien, Osamu Tezuka c'est le papa des mangas modernes. On l'aime, on l'adore, on l'adule. Et si l'année dernière on fêtait les cent ans de l'animation japonaise, en 2018 on fête les 90 ans de la naissance de ce génie. C'est pourquoi vous entendrez sans doute parler de lui assez souvent durant l'année. Et pour fêter cet anniversaire, les éditions Pika ont réédité la biographie d'Osamu Tezuka, déjà paru en quatre tomes chez Casterman dans les années 2000, en un seul volume énorme et très lourd. 

Bien sûr que j'ai aimé découvrir cette biographie manga de cet auteur. Dessinée dans le style si reconnaissable d'Osamu Tezuka, on partage toute sa vie, de sa petite enfance à son décès. On le voit grandir, évoluer, donner naissance à toute son oeuvre avec cette même passion pour le dessin, la science et l'imaginaire qui déjà le caractérisait quand il était enfant. C'est un récit historique qui nous permet d'en apprendre plus sur le Japon d'après-guerre et sur la révolution culturelle qu'a apporté Osamu Tezuka dans le manga. On lui doit tellement à ce monsieur ! Le premier shôjo, les lettres de noblesse de l'animation japonaise, des univers incroyables remplis de personnages mythiques ! Et tant d'autres choses encore ! 

Drôle, touchant et très inspirant, cette biographie énorme (930 pages je le rappelle) est un petit bijou à mettre dans sa bibliothèque pour tout fan de mangas qui est dévoré par la même passion que ce dieu japonais. 


samedi 28 octobre 2017

Adam et Eve

- Informations - 

Auteurs : Hideo Yamamoto & Ryoichi Ikegami
Editeur : Kaze
Genres : policier, surnaturel, yakuza, fantastique, seinen
Date de parution : 2 novembre 2017
Prix : 8 € 29
Série terminée en 2 tomes.

- Quatrième de couverture - 

Dans un luxueux club privé, sept yakuzas se sont retrouvés en secrets. Sept chefs de clan puissants qui ont réussi à dépasser leurs querelles pour tenter de rénover le monde décadent de la pègre japonaise. Mais leur réunion va être interrompue par deux invités inattendus. Deux être invisibles dont seul est perceptible le bruit des pas... et une odeur de violence extrême ! Une invisible soif de sang emplit doucement l'air...

- Mon Avis -

A priori rien ne me poussait à découvrir cette étrange série, alors je tiens à remercier les éditions Kazé de m'avoir fait parvenir les deux tomes. Ma curiosité a été assouvie le temps d'une lecture... et quelle lecture ! 

Amusée, j'ai commencé ma lecture sans lire le résumé. Je voulais que la découverte soit totale. Et les premières planches m'ont suffit à me demander ce que je faisais là. On découvre une voiture qui roule à vive allure dans une ville, sans conducteur. A partir de là, la tension monte peu à peu. Des jeunes femmes escortes aux yeux bandés, des yakuzas étranges et des meurtres violents. Le huit-clos est total et le danger bien réel pour ces tueurs expérimentés. Qui sont ces êtres invisibles et violents ? Pourquoi les éliminent-ils ? Comment ? 

Pourtant si le danger est présent les yakuzas ne paniquent pas. Guidé par l'énigmatique Smell (qui a une façon bien a lui de finir un verre d'alcool) ils cherchent les failles de leurs ennemis de manière pragmatique, scientifique voire métaphorique. Intrigués, presque amusés par la situation ils vont élaborer des théories et user de leurs sens le plus développé pour démasquer ces tueurs silencieux. Un à un les yakuzas vont donc dévoiler leur pièce maîtresse face à l'homme invisible, quitte à se recevoir un sérieux coup en retour. 



Violente mais en même temps calme, cette tuerie détonne. Le surnaturel frôle le graveleux et les personnages piégés maîtrisent leurs nerfs à la perfection. Le danger semble les exciter au contraire, leur donner envie d'en voir plus. Et nous lecteurs devenons comme eux. A la fois épouvantés par la barbarie et émerveillés par le mystère. 

Tendu jusqu'à la toute fin on reste sur un sentiment d'étrangeté particulier. Toutes nos questions n'ont pas forcément reçu une réponse satisfaisante. Et quand la police se mêle de toute cette sordide affaire, d'autres questionnements et théories s'ajoutent à notre liste déjà longue. On se retrouve à la merci des auteurs qui, comme leurs êtres invisibles, se jouent de nous sans jamais nous répondre, nous laissant élaborer des idées plus farfelues les unes que les autres. 

Singulier, Adam et Eve est une courte série qui vaut le détour. Ajouté à cela le dessin réaliste et sombre de Ryoichi Ikegami, tout nous est apporté sur un plateau pour qu'on puisse le déguster avec plaisir. Une lecture qui me laisse sans voix mais que j'ai été enchantée de découvrir ! 


- Notation -

vendredi 20 octobre 2017

Hidamari ga kikoeru

- Informations -

Auteur : Fumino Yuki
Editeur : Hana Collection
Genres : yaoi, drame, romance, handicap
Date de publication : 3 novembre 2016
Prix : 7 € 95
Série en cours.

- Quatrième de couverture -

Kôhei, étudiant atteint de surdité, est souvent incompris par les autres, ce qui la amené à prendre ses distances petit à petit avec son entourage. Mais un beau jour, il va faire la rencontre de Taichi, étudiant dans la même université que lui. De nature joviale et qui nhésite pas à dire franchement tout ce quil pense, cet étrange garçon va toucher Kôhei au plus profond de son coeur avec ces quelques mots : «ce nest pas de ta faute si tu es malentendant !». Il est loin de simaginer à quel point Kôhei va peu à peu changer grâce à lui.

- Mon Avis -

Découvert quelques mois avant sa sortie en France (vive les scans en anglais) j'étais très heureuse de pouvoir me replonger dans cette histoire dans ma langue maternelle. Et la deuxième a été meilleure que la première !

A première vue rien d'original dans le scénario. Il s'agit d'une romance entre deux étudiants qui se rencontrent par hasard et apprennent à se connaître. L'un est taciturne et solitaire et l'autre est exubérant et fonceur. Pourtant l'auteur prend le parti d'ajouter le handicap à son histoire, Kôhei étant malentendant, ce qui donne rapidement un ton plus sérieux au récit. Très vite le thème du handicap prend de l'importance, après tout si Taichi devient ami avec Kôhei s'est d'abord parce qu'il est son preneur de notes. Et puis Taichi prend rapidement la défense de son ami face aux remarques blessantes des autres personnes, au risque de se faire expulser de l'université. Mais surtout, cette approche du handicap donne un but à Taichi. Jeune homme ne sachant pas quoi faire de sa vie, il s'était inscrit à l'université plus pour passer le temps qu'autre chose, mais voilà que sa rencontre avec Kôhei le marque et lui donne envie de se battre pour quelque chose. 

On a donc une vraie évolution du personnage qui apprend à faire face à des responsabilités et à entrer dans le monde des adultes. Kôhei de son côté évolue aussi à son rythme. Timide, mal à l'aise en société, il ne veut pas être un poids pour son ami qu'il apprécie de plus en plus et décide de changer de comportement à la fac. 
Mais plus que ça on a également une évolution dans les rapports des deux jeunes hommes qui apprennent à se connaître, puis apprennent à reconnaître leurs sentiments l'un envers l'autre. Si du côté de Kôhei se changement est très vite visible, c'est plus dur pour Taichi qui passe son temps à avancer pour reculer. N'arrivant pas à mettre un mot sur ses émotions brutales qui lui joue des tours. 

Lent, tendre et qui pousse à la réflexion, ce yaoi nous propose une romance tout en finesse avec un humour léger et un ton sérieux. Pas de fantasme, ni de scènes de sexe endiablées ici, on a une approche timide de deux jeunes hommes qui osent se dévoiler l'un à l'autre petit à petit. Si certains personnages peuvent faire stéréotypes (les amis de Taichi ou la rivale), ils sont néanmoins tous attachants et font avancer l'histoire d'un point de vue psychologique. On a une vraie profondeur recherchée par l'auteur, ce qui est très plaisant.

Agrémenté d'un dessin réaliste assez beau, ce yaoi berce et donne envie de rester dans un cocon de douceur le temps d'une lecture. Une jolie histoire d'amour qu'on a envie de continuer encore un peu. Vivement la suite !

- Notation -

Yatamomo

- Informations -

Auteur : Harada
Editeur : Hana Collection
Genres : yaoi, drame, humour, érotique
Date de publication : 9 mai 2016
Prix : 7 € 95
Série en cours.

- Quatrième de couverture -

D'un côté, Momo : incapable de vivre seul, couche avec n'importe qui, véritable bon à rien.
De l'autre, Yata-chan : aime prendre soin des gens, mère poule sur les bords, jeune homme simple et honnête. 
Malgré une désastreuse première rencontre dans les toilettes publiques, Momo se retrouve à profiter de la gentillesse de Yata-chan en venant habiter chez lui pendant quelques temps. Mais au fil de leur cohabitation, Momo commence petit à petit par avoir envie de changer, afin de moins dépendre des autres...
Or, les choses se compliquent lorsqu'une de ses anciennes relations réapparaît brusquement dans sa vie !

- Mon Avis -


Harada est une mangaka connue dans le monde du yaoi. Broyant le coeur de ses lecteurs par ses histoires d'amour, elle peut aussi les choquer par quelques scènes violentes où le consentement mutuel n'est pas forcément au rendez-vous. J'avais découvert plusieurs de ses titres grâce au monde merveilleux d'internet et quand il fut question de la sortie en France de son célèbre Yatamomo, j'étais contente de pouvoir l'avoir dans ma bibliothèque.

Autant vous prévenir tout de suite, Yatamomo n'est pas un yaoi à mettre entre toutes les mains. Si histoire d'amour il y a elle est loin d'être idéale. Le personnage de Momo est un vrai danger à lui seul. Bon à rien, il jette l'argent par les fenêtres et couche avec n'importe qui si ça peut le sauver de la mouise. On apprend au cours d'une conversation qu'il est le fils d'une prostituée qui n'a visiblement pas pris soin de lui dans son enfance. Très vite Momo a appris à faire avec ce qu'il avait, et la seule chose qu'il pouvait marchander c'était son corps. Notre héros a donc un rapport avec la sexualité très libéré à la limite du m'en-foutisme qui peut heurter le lecteur. Dans ce premier tome, plusieurs scènes le plasse dans des situations peu avantageuses et les réactions de Momo peuvent perturber. 

Pourtant on s'attache vite à lui. Drôle, roublard et paresseux, lorsqu'il s'attache à Yata-chan, on a envie de l'encourager. Si la relation entre les deux protagonistes peut sembler un poil brutale, elle n'en est pas moins sincère et l'évolution de Momo est clairement visible dès ce premier tome. Ce qui promet de belles choses par la suite. 

Concernant le côté sexuel de ce yaoi, Harada ni va pas par quatre chemin et nous dévoile tout sans complexe. Mieux vaut être préparé pour sa lecture. Si elles peuvent sembler gratuites, elle donnent un certain aperçu de la brutalité des sentiments des deux héros. Et puis à force de lire du Harada, vous ne serez plus gêné (la leçon s'apprend vite avec elle). 

Drôle, parfois dérangeant mais touchant sur certains points Yatamomo est un manga particulier qui mérite d'être lu sans pincettes et dont j'ai hâte de lire la suite. Fan de yaoi arme toi de volonté et part à la rencontre du gentil et perturbant Momo !

- Notation -


Le chant des souliers rouges

- Informations -

Auteur : Mizu Sahara
Editeur : Kazé
Genres : drame, adolescence, seinen
Date de publication : 10 mai 2017
Prix : 8 € 29
Série en cours.

- Quatrième de couverture -

Deux collégiens aux passions contrariées. Le hasard d'une rencontre. Des chaussures rouges échangées. Devenu lycéen, Kimitaka découvre que suite à ses encouragements, Takara, la fille à qui il a confié ses baskets, s'épanouit le ballon à la main. Inspiré, il décide à son tour de ressortir les souliers rouges pour se lancer dans le flamenco... et, peut-être, se trouver lui-même.

- Mon Avis -


Quelques mois avant sa sortie, j'avais pu lire le premier chapitre du manga et j'avais été enthousiasmée par le dessin et le ton de l'histoire qui promettait de l'introspection et de belles leçons d'espoir. Il me tardait donc de commencer cette série ! Et c'est désormais chose faite.

Et je dois dire que le premier chapitre ne ment pas sur la suite. On découvre le personnage de Kimitaka, jeune adolescent mal dans sa peau, qui sort d'une grave dépression, timide et renfrogné. Il vient tout juste de rentrer au lycée et ne s'est pas fait d'ami dans sa classe. Au collège, il y a eu un accident et depuis Kimitaka a tendance à fuir les gens. Mais sa nature le pousse à protéger un camarade de classe lors d'un cours de sport. Et là les choses s'améliorent pour lui. On s'attache vite au personnage de Kimitaka dont la souffrance se lit sur son visage. On découvre sa fragilité, son sentiment de mal-être vis à vis de l'accident au collège et sa culpabilité qui le hante depuis. On a envie de le voir évoluer, s'épanouir et lorsque les choses tournent bien pour lui, on est heureux. 

Mais le lycée n'est pas le seul problème de Kimitaka. Il aimerait avancer d'une autre façon. Et c'est le flamenco qui l'aidera dans son parcours. Au collège, il rencontre une jeune fille en proie au même mal-être que lui. Et lorsqu'il la croise au lycée, il voit à quel point elle a changé alors que lui en est toujours au même point. Il aimerait bien lui parler de nouveau, mais avant cela il veut être digne de l'image qu'elle se fait de lui. On a donc un double enjeu : s'épanouir en tant que lycéen, mais également en tant que héros pour une inconnue qu'il n'a croisé que quelques minutes dans le passé. C'est très courageux et très louable. 

Si le thème du changement par le sport n'est pas une nouveauté, elle est tout de même bien trouvé avec le choix du flamenco, une danse espagnol très reconnaissable. Difficile d'imaginer un adolescent en faire, surtout avec des chaussures de femme aux pieds. Pourtant ça fonctionne et on s'amuse de voir Kimitaka apprendre et répéter ses leçons avec sérieux. La rencontre avec d'autres adolescents adeptes de cette danse apporte un regard plus concret de cette discipline et on en découvre tous les aspects chapitre par chapitre. 

Histoire d'adolescents avant tout. L'auteur nous donne une panoplie de personnages complexes avec leurs secrets et leurs failles. Et on entrevoit les débuts d'une amitié sincère entre Kimitaka et ses nouveaux amis, ou encore l'amélioration de l'entente entre le héros et sa jeune soeur.  C'est très juste dans son propos et très touchant.

En bref, Le chant des souliers rouges est un vrai coup de coeur pour moi. L'histoire est douce, les personnages sont attachants et on sent de la tendresse tout au long de l'oeuvre. Une vraie lecture qui berce et qui fait rire malgré un ton parfois dur. Et puis les dessins sont si beaux, ce serait du gâchis de ne pas les admirer !

- Notation -