vendredi 30 juin 2017

Fire Punch

- Informations -

Auteur : Tatsuki Fujimoto
Editeur : Kazé
Genres : seinen, drame, fantastique
Date de parution : 21 juin 2017
Prix : 7 € 99
Série en cours 

Quatrième de couverture : Dans un monde où tout est recouvert de glace, la famine et le chaos règnent sur la Terre. Parmi les quelques humains qui tentent de survivre, certains sont dotés de pouvoirs surnaturels. Agni et sa soeur, Luna, font partis de ces "élus" et possèdent la faculté de se régénérer. Agni utilise ce pouvoir pour nourrir les habitants de son village. Pourtant, cela ne suffira pas à les préserver du terrible malheur qui va s’abattre sur eux... Agni sera le seul survivant du massacre qui a brûlé tous ses proches. Il part alors dans une quête effrénée pour assouvir sa soif de vengeance ! 

- Mon Avis - 

Déjà je tiens à remercier les éditions Kazé pour m'avoir fait parvenir ce premier tome flamboyant ! 

Fire Punch me faisait incroyablement envie et quand j'ai pu enfin le lire je n'ai pas été déçue. On a tout dans ce manga : de la tension dramatique, du suspens, des morts par centaines, de l'injustice...! Comment ne pas plaindre le héros, Agni, de tous ses malheurs. Lui qui n'aspire qu'à une vie paisible dans un monde froid et dur se voit subir un sort pire que la mort. On ne peut qu'avoir envie de soutenir notre héros dans sa quête de vengeance ! 

Et pourtant l'auteur joue avec nos nerfs, nous fait passer d'un extrême à l'autre sans état d'âme, après tout nous ne sommes que des lecteurs. On ne va pas se plaindre d'être torturé par une bonne lecture quand même ! 

Avec un dessin réaliste tout en coup de crayon, Fire Punch nous propose une aventure glaçante où l'armée à la main mise sur tout et où les victimes sont nombreuses. On brûle de rage tout comme Agni de voir ce que le monde est devenu. Sorte de porte-parole malgré lui du peuple, Agni se voit endossé un rôle qui ne lui convient pas. En s'attaquant à l'armée pour réclamer vengeance, il s'attaque à un système, peut-être que le système va finir par plier sous ses coups de feu ? 

Rythmé, dynamique et puissant, ce premier tome met la barre très haute et nous laisse sur une scène ô combien déroutante pour nous lecteurs et pour Agni, héros involontaire. Sombre et poignant, Fire Punch est un excellent seinen qui promet de belles choses à l'avenir. Une vraie pépite de flammes ! 

- Notation - 

mercredi 3 mai 2017

Naruto Gaiden, Le 7e Hokage et la Lune écarlate

- Informations - 

Auteur : Masashi Kishimoto
Editeur : Kana
Genres : ninja, fantastique, humour, shônen
Date de parution : 6 janvier 2017 
Prix : 6 € 85
224 pages

Quatrième de couverture : Sarada est la fille de Sasuke et de Sakura. Enfin, c'est ce qu'elle pensait jusqu'à ce qu'elle découvre une photo de Karin. La ressemblance entre elles est frappante ! Décidée à tirer cette affaire au clair, Sarada se met en quête de son père qu'elle n'a plus vu depuis la petite enfance. Accompagnée de Chôchô, elle profite d'un déplacement de Naruto pour le suivre. Mais sa route croise celle d'un étrange enfant muni de sharingans. Sa cible est clairement Sarada à qui il doit voler les pupilles... Comment la jeune fille va-t-elle se tirer de ce guêpier ?

- Mon Avis - 

Naruto c'est terminé. Aussi dure que soit cette vérité, elle est bien réelle. Et tous les fans de la série doivent désormais vivre avec ce petit goût d'amertume. Mais heureusement, l'univers du ninja n'a pas définitivement fermé ses portes. En effet, on peut désormais suivre les aventures des enfants de nos héros, sur le point de devenir à leur tour des ninjas ! 
C'est justement la fille de Sakura et Sasuke qui nous intéresse ici : Sarada. C'est à travers son enquête qu'on découvre ce que le village de Konoha est devenu depuis que Naruto est Hôkage. 

Alors certes, ce n'est plus pareil, les héros qu'on aimait sont devenus adultes et l'on doit apprendre à apprécier les nouveaux héros, leurs enfants. Mais c'est une excellente première approche de ce nouvel univers, plus tout à fait pareil qu'avant. On découvre certes de nouveau personnages avec les amis de Sarada, mais on retrouve également Naruto et Sasuke qui ne changent pas vraiment malgré leur âge. Le naturel ne se chasse pas facilement il faut croire ! 

Alors certes ce one-shot est clairement un tome d'exposition. On nous présente le monde tel qu'il est à présent et les dangers qui rôdent non loin. On nous présente également les personnages que l'on va désormais suivre dans leurs aventures, avec ces personnages déjà connus en second plan. Mais ça reste un bon tome d'aventure. Qui amusera les connaisseurs de Naruto et qui intriguera les non-initiés, qui n'auront pas peur de s'auto-spoiler avec certaines révélations (le rôle de Naruto, la relation entre Sasuke et Sakura, Orochimaru...). En un mot, Naruto Gaiden est une bonne mise en bouche, et on a hâte d'en découvrir plus !

- Notation - 

Le Mari de mon frère

Informations

Auteur : Gengoroh Tagame
Editeur : Akata
Genres : seinen, vie quotidienne, société
Date de parution du dernier volume : 26 janvier 2017 
Prix : 7 € 95
Série en cours, 3 tomes actuellement.

Quatrième de couverture (t.1) : Yaichi élève seul sa fille. Mais un jour, son quotidien va être perturbé... Perturbé par l'arrivée de Mike Flanagan dans sa vie. Ce Canadien n'est autre que le mari de son frère jumeau... Suite au décès de ce dernier, Mike est venu au Japon, pour réaliser un voyage identitaire dans la patrie de l'homme qu'il aimait. Yaichi n'a alors pas d'autre choix que d'accueillir chez lui ce beau-frère homosexuel, vis-à-vis de qui il ne sait pas comment il doit se comporter. Mais ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? Peut-être que Kana, avec son regard de petite fille, saura lui donner les bonnes réponses...

- Mon Avis - 

Connu pour ses yaois trashs, Gengoroh Tagame s'illustre ici dans un manga où la vie quotidienne est à l'honneur. Dans la famille d'Yaichi, les questions vont bon train lorsque arrive le beau-frère, Mike. Mais ce sont de bonnes questions, la plupart du temps posées par la jeune Kana, petite fille qui s'émerveille de tout, et qui trouvent vite leurs réponses appropriées. Le thème de l'homosexualité n'est pas ici pointé du doigt avec moult cris, il est simplement proposé aux lecteurs en toute simplicité. Mike est homosexuel, mais il est bien plus que ça. On ne s'arrête pas forcément à cet aspect de sa vie et Yaichi, d'abord réticent, fini également par le comprendre. 

Les réflexions que se font les personnages amènent le lecteur à se questionner sur ses propres idées. Que pense-t-il de tout ça, comment réagirait-il ? 
J'avais peur que le personnage de l'enfant, Kana, ne devienne rapidement l'élément déclencheur de toutes ces réflexions, et que le personnage d'Yaichi n'ai finalement pas énormément d'évolution sans sa fille, mais heureusement il n'en n'est rien. Les personnages évoluent tous à leur rythme, s'interrogeant et trouvant leurs propres réponses à leurs questionnements. 

Le mari de mon frère c'est donc un manga sur l'acceptation, de l'autre, de soi. Un manga sur le partage également, d'abord sur la vie japonaise puisque Mike est canadien, mais également sur les opinions et sur les différentes visions des choses. 
Doux, chaleureux, c'est un manga qui permet de réfléchir, et d'apprendre, petit pas par petit pas, sans brusquerie. Et c'est douceur est grandement appréciée ! 

- Notation - 

mardi 2 mai 2017

Innocent Rouge

- Informations - 

Auteur : Shin'ichi Sakamoto
Éditeur : Delcourt-Tonkam 
Genres : seinen, historique, drame, famille, torture (lecteurs avertis)
Date de parution : 26 avril 2017
Prix : 7 € 99
Série en cours, actuellement 1 tome.

Quatrième de couverture : A l'aube de la Révolution, Charles-Henri Sanson, maître des hautes oeuvres de Paris, règne sur la famille des exécuteurs de France, mais ne parvient pas à contrôler sa jeune soeur, Marie-Josèphe, en charge de l'office de la prévôté de l'Hôtel, à Versailles. A la mort d'Alain, son premier amour, qu'elle venait à peine de retrouver, elle se jure de le venger en éliminant son assassin et en ne reculant devant rien pour renverser le système injuste qui lui a coûté la vie. 

- Mon Avis - 

Attention, certaines images peuvent heurter la sensibilité des lecteurs ! 

Ah ! Ce manga ! Comme je l'attendais ! Lorsque le tome 9 d'Innocent fut refermé, je n'avais qu'une hâte c'était de découvrir sa suite dans Innocent Rouge. Mais il fallait attendre le mois d'avril, et à l'époque cela me paraissait si loin. Je tiens donc à remercier les éditions Delcourt-Tonkam pour l'envoi de ce premier tome que j'ai pu lire quelques jours avant sa sortie. Avec joie et allégresse ! 

Toujours aussi torturé, aussi beau, aussi dramatique, Innocent Rouge reprend là où la saison 1 s'était arrêtée. D'un côté Charles-Henri qui continue ses exécutions, et de l'autre Marie-Josèphe qui cherche vengeance. La tension grimpe en flèche car il est questions de crime commis et à commettre. Cette fois-ci les Sanson ne sont plus seulement du côté de la justice puisque Marie-Josèphe cherche à attraper elle-même l'assassin de son amant. Quitte à ruser, la jeune femme est prête à aller jusqu'au bout pour atteindre son but. 

Graphiquement parfait, les planches se dévorent une à une, jouant sur le clair-obscur pour rendre la lecture aussi torturée que ses protagonistes. Les détails sont toujours aussi fournis et recherchés, rendant la lecture joueuse avec tout ce qu'il nous est possible d'admirer au fil des pages. Premier tome, la Révolution est encore loin, mais on en a ici les prémices et l'apparition de nouveaux personnages comme le comte de Fersen ou encore Robespierre laisse présager de la suite tragiques des événements. 
Quant aux personnages que l'on connaît déjà, ils évoluent bien évidemment, comme tout à chacun. Le lecteur qui suit l'aventure depuis le début s'amusera ou sera terrifié devant les changements chez Charles-Henri qui n'a plus rien d'intimidé et sera enthousiaste devant le panache de Marie-Josèphe qui ira jusqu'à changer de tête pour marquer les esprits. 

En bref, ce début d'Innocent Rouge est plus que prometteur. On retrouve tout ce qu'on avait aimé dans la saison 1 et l'histoire reprend vie devant nos yeux avec une force prodigieuse. Innocent Rouge se laisse dévorer avidement, et on en redemande déjà !

- Notation - 

Love, be loved, leave, be left

- Informations - 

Auteur : Io Sakisaka
Éditeur : Kana
Genres : shôjo, romance, lycée, adolescence, amitié
Dernière date de parution : 6 janvier 2017
Prix : 6 € 85 
Série en cours, actuellement 3 tomes.

Quatrième de couverture (t.1) : Romantique ou pragmatique, chacune cherche l'homme de ses rêves... La meilleure amie de Yuna déménage. Le jour des adieux, Yuna rencontre Akari de manière surprenante. Tout oppose les deux jeunes filles : Yuna est rêveuse en amour, alors qu'Akari est réaliste. Malgré tout, elles deviennent amies et vont confronter leur vision de l'amour. 

- Mon Avis - 

Io Sakisaka a une certaine réputation dans l'univers du shôjo. Avec ses deux premières séries, elles a conquis de nombreux lecteurs et je ne fais pas exception. A la fois touchantes, drôles et réfléchies, ses deux précédentes histoires m'avaient beaucoup plu et j'avais hâte de découvrir sa nouvelle série au titre étonnamment long. 

Love, be loved, leave, be left est d'abord la rencontre de deux héroïnes. D'un côté Yuna la romantique, l'héroïne de shôjo par excellence : naïve, douce, timide, n'arrivant jamais à regarder les gens dans les yeux. Un peu caricaturale, Yuna est complétée par son amie Akari qui elle est une héroïne beaucoup plus moderne et limite cynique en ce qui concerne l'amour. Franche, sûre d'elle, pragmatique, Akari ne croit pas aux contes de fées et jure qu'on peut tomber amoureux en s'y forçant un peu. Ces deux visions de l'amour apportent une note de fraîcheur dans le genre de la romance et l'amitié qui lie les deux adolescentes amuse et fait réfléchir en même temps. Nous même, en tant que lecteur, de quel côté penche notre vision de l'amour et des sentiments forts ? 

Il est question ici d'acceptation mutuelle de ces visions de l'amour, mais également des changements que l'amour opère en chacun de nous. Yuna, lorsqu'elle tombe amoureuse pour la première fois évolue, sans pour autant s'en rendre compte. Et Akari, qui assiste à cette évolution se surprend à l'admirer. Peut-être que leurs visions respectives ne sont pas si éloignées finalement ? Peut-être même qu'elles se complètent ? En amour personne n'a tord et personne n'a raison, c'est à chacun de se faire sa propre expérience. Aussi belle et douloureuse qu'elle peut l'être. Parce qu'avec Io Sakisaka tomber amoureux n'est pas quelque chose de simple, on souffre beaucoup, on doute, on pleure parfois. La vie décrite dans ce manga est loin d'être idéale et n'en est que plus réaliste. C'est ce qui est si touchant et beau à la fois. On se reconnaît forcément dans les rires et les larmes de ses personnages et on adore ça.

- Notation - 

jeudi 6 avril 2017

Les Deux Van Gogh

- Informations - 

Auteur : Hozumi
Editeur : Glénat
Genres : Historique, seinen, famille, mystère
Date de parution : 18 mars 2015
Prix : 10 € 75
384 pages


Quatrième de couverture Fin du xixe siècle, Paris. Théodore Van Gogh est un célèbre vendeur d'art chez Goupil & Cie. Ses clients : des grands bourgeois, conservateurs, en quête de signature prestigieuses et valorisantes, persuadés que l'Art n'est accessible qu'à un échelon supérieur de la société, en excluant d'emblée la plèbe ignorante.  Mais Théo recherche et développe de nouveaux talents, manieurs de techniques révolutionnaires. Souhaitant détruire le système de l'intérieur, il se sert de sa position pour mettre en avant des artistes peu académiques… dont son propre frère, Vincent. En France, l'œuvre d'Hokusai a eu une grande influence sur les peintres impressionnistes grâce à l'ouvrage La Manga présent dès 1860 dans les ateliers parisiens. Au Japon, Hokusai ressurgit dans les années 1950 dans les mangas, ces BD qui redécouvrent le trait dépouillé et l'économie de moyen dont il s'était fait le chantre… mais qui se retrouvent injustement méprisés en tant qu'"arts dérisoires". Cependant, quand la jeune génie du manga Hozumi ose réinterpréter à sa manière les mythiques frères Van Gogh, c'est un ouvrage tout aussi iconoclaste que le Déjeuner sur l'herbe qui nous est livré.Le titre a remporté le très populaire prix "Kono manga ga Sugoï" 2014, un prix décerné par un "jury" composé de plus de 400 professionnels de l'édition et de la librairie.

- Mon Avis - 

Et si Vincent Van Gogh avait eu une vie tout à fait banale ? Et si c'était son petit frère, l'imperturbable Théodore qui avait inventé sa légende ? Voilà l'idée de base de ce manga : comment faire naître un mythe de la peinture ? 
Partant du principe que l'histoire que tout le monde connaît est une fausse, on rencontre un Vincent Van Gogh sain d'esprit, enjoué et limite candide qui peint d'étranges toiles. Un homme banal ne peut peindre que des banalités c'est bien connu. Et pourtant Vincent ne peint que des flammes, de la couleur vive, des paysages qui bouleversent ! Comment expliquer cet étrange phénomène ? Théodore, son petit frère, est en totale admiration devant ses peintures et compte bien transmettre son art. Directeur d'une galerie d'art parisienne, il méprise l'art standardisé par les hautes sphères et espère, avec l'aide de peintres de la nouvelle génération, faire éclater le système de l'intérieur. 


La force de ce manga c'est d'abord la passion pour l'art. Galeriste ou artiste, chaque personnage a son point de vue sur la peinture et l'exprime en des termes passionnés. Les différents discours sur l'art et sur la réception du public font réfléchir le lecteur et permettent de comprendre à la fois le point de vue historique (qu'est-ce que l'art au XIXe siècle ?) et le point de vue moderne exprimé à travers le personnage de Théodore. 
Ensuite, le lien fraternel qui unie Vincent et Théodore est incroyablement fort. Nés à quelques années de différence, on a parfois l'impression d'avoir affaire à des jumeaux. Tous deux se comprennent sans forcément prononcer le moindre mot. Et tous deux s'aiment déraisonnablement, allant jusqu'à se promettre de se suivre dans la mort. L'admiration du cadet pour son aîné est d'ailleurs le point d'encrage du manga puisque Théodore est devenu galeriste pour montrer au monde les toiles de son frère. 

Si le message est beau, réfléchi et touchant, le dessin de Hozumi l'est tout autant. Avec un style très clair, les planches qui nous sont proposées sont lumineuses, parsemées de détails sans pour autant agresser l'oeil du lecteur. A première vue, les personnages se promènent dans des décors assez vides, mais quand on regarde bien on voit les éléments du décor, discrets, apparaître au fil des cases.

A la fois bon dans son récit et dans son dessin, Les Deux Van Gogh est un one-shot qui touche profondément son lecteur et qui réconcilie avec la peinture et les musées. Vrai coup de coeur, je ne peux que vous conseiller de vous le procurer pour partir à la rencontre de deux étranges frères passionnés par leur art et la vie. 

- Notation - 

mercredi 5 avril 2017

Kuroneko

- Informations - 

Auteur : Aya Sakyo
Editeur : Taifu 
Genres : fantastique, yaoi, érotique (public averti)
Dernière date de parution : 15 juillet 2016 
Prix : 8 € 99
Série en cours, actuellement 5 tomes.

Quatrième de couverture (t.1) : Les humains finissent toujours par m'abandonner. Je suis sûr que toi aussi, un jour…Shingo est un homme-chat, un humain qui se transforme en un chat noir et qui couche avec quiconque lui plaît physiquement. Mais cette fois, c'est lui la victime de l'impérieuse attention de Kagami, l'acteur le plus en vue du moment, à la virilité littéralement irrésistible. Ses attentions éveillent en Shingo une bête qu'il croyait pourtant endormie…

- Mon Avis - 

Attention ce yaoi est clairement du genre à ne rien cacher. Les personnages sont sexualisés jusqu'au bout de leurs griffes de félin ! Kuroneko est un yaoi torride où le couple Shingo-Kagami s'amuse à faire l'amour dans toutes sortes de position plus ou moins acrobatiques. 

Alors oui, pour peu qu'on s'intéresse à l'histoire ça peut vite devenir lassant. La série est actuellement composée en cinq tomes (dont le dernier est une histoire annexe) qui fonctionne par duo. Le premier tome pose les doutes, les questionnements et les tourments et le deuxième tome résout les conflits entre les deux amants. Rien de nouveau sous le soleil. Les personnages eux-mêmes n'ont rien de révolutionnaire : Shingo est le chat noir qui aime le plaisir mais refuse de tomber amoureux de peur d'être abandonné et Kagami est l'acteur vedette qui fait tourner toutes les têtes. 

Pourtant ce manga fonctionne sur moi ! Pourquoi ? 

Déjà parce que la mangaka sait qu'elle joue avec des stéréotypes du genre et elle ne cherche pas à trop en faire. Rester dans le cadre d'un genre ne veut pas forcément dire faire quelque chose de mauvais, et Kuroneko sans être innovant répond à toutes les attentes des lecteurs. 
Ensuite parce que c'est bon graphiquement. Là encore le style d'Aya Sakyo n'est pas révolutionnaire, mais il est très plaisant à l'oeil et aussi bien les scènes érotiques que les scènes de vie de couple sont travaillées au même niveau. 
Enfin l'alchimie entre les deux protagonistes. C'est physique entre eux, les scènes chaudes nous le prouvent bien ! Mais surtout le lien qui les unie nous touche. D'abord amants pour le simple jeu, ils finissent par s'attacher l'un à l'autre, et cette relation prend du temps. On a là une relation très adulte entre le corps qui guide d'abord et le coeur qui suit à petits pas timides par la suite. 

- Et en bonus, on parle quand même de personnages qui peuvent se changer en félins. Excusez du peu, mais pour la fan de chats que je suis, c'est quand même un point plus qu'important ! -

Alors non Kuroneko n'est pas un plaisir coupable ou un mauvais manga. C'est une très bonne série qui repose sur des bases certes déjà vues mais solides. Plaisir sensuel et visuel, Kuroneko est une série que je vous conseille fortement car elle donne de la bonne humeur. Même si les héros doutent d'eux-mêmes ou de leur relation, chacun fait ce qu'il peut pour s'améliorer et faire avancer leur histoire. Et ça c'est une excellente chose dans le paysage  romantique yaoi ! 

- Notation - 

Le Comte de Monte Cristo

- Informations - 

Auteurs : Alexandre Dumas & Ena Moriyama
Editeur : Kurokawa
Genres : adaptation, classique, aventure, drame, seinen
Date de parution : 9 mars 2017 (one-shot)
Prix : 8 € 90
272 pages

Quatrième de couverture : Tout commença en France à Marseille en l'année 1815. 
Le jour prévu de son mariage, Edmond Dantès, capitaine de vaisseau plein de promesses se fait enfermer injustement au Château d'If, une prison pour criminels politiques. Pendant son long emprisonnement il apprend qu'il a été victime d'une impardonnable trahison. Débutera ensuite une tragédie de vengeance dans laquelle Dantès jouera ses années perdues en prison ainsi que celles qu'il lui reste à vivre en liberté.

- Mon Avis - 

Mon adolescence a été bercée par l'histoire tragique d'Edmond Dantès. Entre le roman d'Alexandre Dumas et sa superbe adaptation animée, Gankutsuou, le comte vengeur est revenu plusieurs fois devant mes yeux et je m'y suis attachée. Du coup, quand j'ai appris que les éditions Kurokawa publiaient son adaptation manga, j'étais toute joyeuse ! 

Plus court que ce que je pensais, il s'agit d'un one-shot, Le Comte de Monte Cristo reste néanmoins fidèle au roman d'origine. Certes, il a fallu faire des choix et couper de nombreuses choses pour faire tenir l'histoire dans moins de trois cents pages, mais l'essence même de l'oeuvre est présente. On retrouve le piège et le sentiment d'abandon que vit le héros, Edmond, lorsqu'il est injustement emprisonné pendant des années. Et on retrouve l'inquiétude et l'obscurité lorsque le comte arrive à Paris. 

Avec un style graphique détaillé et clair, les planches sont assez vives et le découpage des cases donnent une rapidité à la narration. Cela va de pair avec le crescendo que prend la vengeance du comte. Lorsque le piège se referme sur les traîtres, tout s'accélère et on n'a presque pas le temps de souffler tant les éléments s'enchaînent.

Jouant avec le regard de son personnage principal, la mangaka nous transmet ses émotions et ses pensées les plus profondes. La pupille de son héros se dilatant ou devenant plus petite lorsqu'il est tourmenté. 

Recherché, documenté et fait avec passion, l'adaptation du Comte de Monte Cristo est un beau manga que les amoureux de l'oeuvre originale seront heureux de découvrir. C'est aussi un manga qui permet de poser un premier pas das cette aventure torturée, pour tous ceux qui n'ont jamais osé se lancer dans la lecture du roman d'Alexandre Dumas. Une belle découverte à ne surtout pas manquer !

- Notation - 

dimanche 19 mars 2017

Les Misérables

- Informations - 

Auteurs : Victor Hugo & Takahiro Arai
Editeur : Kurokawa
Genres : adaptation, classique, seinen, drame
Date de parution du dernier volume : 9 mars 2017 (8 tomes, série finie)
Prix : 7 € 65

Quatrième de couverture (t.1) : Jean Valjean soutient depuis toujours sa soeur et ses 7 enfants. Il essaie de gagner de l'argent et de les nourrir comme il peut en élaguant des arbres. Mais l'hiver arrivé, il n'a plus de travail. Après avoir vendu le pistolet de son défunt père, il ne peut même plus braconner et se trouve obligé de voler du pain pour les empêcher de mourir de faim. 
Malheureusement, il se fait arrêter. Sorti de prison après 19 ans d'incarcération, c'est un homme changé, un rebut de la société qui n'a plus foi en rien. Après s'être fait rejeter de toutes les auberges et tous les villages sur son passage, il trouve refuge chez l'évêque Bienvenu, un homme d'église au cœur bon, qui ne vit que pour aider son prochain... Commence alors pour Jean Valjean, l'ancien forçat, une nouvelle vie.

- Mon Avis - 

Je suis une folle amoureuse des Misérables de Victor Hugo. J'ai grandi avec l'adaptation filmée en noir et blanc où Jean Gabin tenait le beau rôle de Jean Valjean. Petite, j'étais amoureuse de Gavroche et je tremblais d'indignation et de peur devant les malheurs de Cosette. Quand j'ai appris que les éditions Kurokawa allaient publier une adaptation manga de cette fresque romantique, je n'ai pas hésité une seule seconde à me la procurer... et j'ai bien fait ! 

Fidèlement retranscrite, on suit à travers de grands chapitres les tristes aventures de personnages mondialement connus : Jean Valjean le forçat, Fantine la prostituée, Marius le révolutionnaire et Cosette l'amoureuse. Prenant son temps, le manga doit bien évidemment sauter certains passages, mais n'en retire pas la moelle. On découvre à travers les tomes de cette série toute l'atmosphère des Misérables et même certaines scènes où il se passe peu de choses. Le lecteur pressé pourrait trouver ces passages longs, mais le lecteur averti, ou qui connaît déjà l'oeuvre littéraire, sera heureux de retrouver ces scènes d'exposition. 


Magnifié par un dessin à chaque fois plus beau, on a droit à un regard à la fois flatteur pour les personnages principaux, mais en même temps très réaliste, voire un poil caricatural, pour les personnages mauvais. Les Thénardier n'étant pas un modèle à suivre, le mangaka s'efforce de montrer à ses lecteurs combien ils sont mauvais à l'intérieur comme à l'extérieur. 
Le regard japonais est également bien présent dans cette adaptation graphique, notamment lorsqu'il s'agit des émotions ressenties par les personnages. Un Jean  Valjean tourmenté sera donc accompagné dans les planches par un lion féroce et des créatures monstrueuses, tandis  qu'un évêque serein sera baigné d'une sainte lumière douce et chaleureuse. 

Si les malheurs arrivent vite, la tension, elle prend tout son temps et la série devient de plus en plus forte à mesure que la révolte gronde dans les rues de Paris. On peut même se sentir l'esprit quelque peu chauvin à la lecture de ce manga où les idéaux et l'ironie se battent sans cesse en duel dans le coeur des héros. 

Beau, dramatique, captivant, cette adaptation des Misérables ravira à la fois les connaisseurs et les nouveaux venus qui souhaitent découvrir à travers un magnifique coup de crayon toute la puissance de l'écriture de Victor Hugo. Une très belle série à découvrir !  

- Notation - 

jeudi 23 février 2017

Les Fleurs du Mal


Auteur : Shuzo Oshimi
Editeur : Ki-oon
Genres : seinen, psychologique (pour lecteurs avertis)
Date de parution du dernier tome : 12 janvier 2017 (2 tomes, série en cours)
Prix : 6 € 60

Quatrième de couverture (t.1) : Une ville de province banale, un collège banal, un quotidien banal. Takao élève moyen et timide, se sent enfermé dans ce monde étroit. Il n'a qu'une échappatoire : la lecture. Il est surtout fasciné par l'étrangeté des Fleurs du mal de Baudelaire. Ce recueil est devenu son livre de chevet, tout autant que son moyen de se différencier dans un monde gris où tout le monde se ressemble. 
Il existe pourtant un élément de surprise incontrôlable dans son univers : Sawa, assise derrière lui en classe, refuse toute autorité en bloc. "Cafards !", "Larves!" : elle ne rate pas une occasion d'exprimer sa haine et son mépris, même envers ses professeurs. Crainte de tous, elle est l'élément déviant de la classe. 

Mais Takao préfère se concentrer sur la populaire Nanako. Il ne lui a jamais parlé et se contente de la regarder de loin. Alors quand il trouve abandonnés dans la salle de classe les vêtements de sport de l'objet de ses fantasmes, il ne peut s'empêcher de les ramasser... et de s'enfuir en les emportant sur un coup de tête ! Pas de chance pour lui, Sawa l'a surpris en plein forfait... Avec un grand sourire, elle commence à le faire chanter : s'il ne veut pas qu'elle le dénonce, il doit obéir à ses ordres, même les plus fous !

Notation

Mon Avis ? 

Adolescente j'avais un énorme point commun avec Takao, le héros torturé de ce manga : j'adorais Baudelaire. Même encore aujourd'hui je suis très attachée aux Fleurs du mal, même si ma passion est devenue plus sage avec le temps (Baudelaire a quitté son statut de dieu pour redevenir un homme, ouf !). C'est pourquoi je voyais d'un œil assez critique l'arrivée de ce manga. Forcément le titre a fait mouche, et j'avais une impression assez négative. De plus le dessin mixant entre le réalisme et la caricature de manga n'aidait pas. Du coup j'ai pas mal tourné autour du manga sans oser me lancer dans sa lecture avant d'être finalement poussée par les avis plus qu'élogieux que je voyais apparaître sur la toile. Et c'est une vraie claque que j'ai eu !

Oui, le dessin n'est pas très beau et oui c'est malsain, mais qu'est-ce que c'est bon ! Dès les premières pages, on plonge dans un univers étriqué et violent où le pauvre Takao sera malmené du début jusqu'à la fin, d'abord par sa camarade de classe, Sawa. Mais également par ses pulsions qui deviennent de plus en plus fortes. Son amour à sens unique prend une tournure perverse et on sent le désespoir du jeune homme face à ses actions. A travers ces deux premiers tomes, il y a un vrai début d'évolution des personnages. Et si Takao prend un aspect plus sombre au fil des chapitres, le personnage de Sawa lui prend une apparence plus... acceptable. 

Au début de l'histoire, les personnages et les lecteurs ne comprennent pas Sawa. Vraie anomalie dans la classe, elle peut paraître excentrique voire complètement borderline (sur le plan de la morale). Mais plus elle maltraite le héros, et plus on finit par comprendre son fonctionnement. Takao trouve avec Les Fleurs du mal une façon de s'échapper d'une vie quotidienne trop terne. Sawa, elle, a dépassé le stade où elle s'échappe de son ennui par une passion (la lecture, le jeu...). On comprend alors qu'elle est comme une guide - et que si elle le harcèle ce n'est pas uniquement par plaisir, elle est soulagée de trouver quelqu'un comme elle - pour le héros qui va, peut-être, suivre sa trace pour mieux se trouver, et ce même si sa nature est loin d'être irréprochable. 

Les Fleurs du mal tourmente et son héros et son lecteur. Quant à la scène sur laquelle se termine le tome 2, elle promet de belles frayeurs pour la suite ! C'est un début de série qui donne le frisson et qui devient déjà un coup de coeur ! On a qu'une hâte : être encore plus tourmenté et bousculé par la suite de cette série ! 

Perfect World


Auteur : Rie Aruga
Editeur : Akata
Genres : josei, société, drame, romance
Date de parution du dernier volume : 9 février 2017 (3 tomes, série en cours)
Prix : 6 € 95

Quatrième de couverture : Tsugumi, à 26 ans, est décoratrice d'intérieur. Un soir, lors d'une soirée de travail, qu'elle est sa surprise de retrouver autour de la table Ayukawa, son amour de lycée ! Mais depuis la fin de leurs études, le jeune homme, impliqué dans un accident, est en fauteuil roulant. Certaine que jamais elle n'aura la force (et l'envie) de fréquenter un homme "au corps amoindri", la jeune femme va pourtant sentir quelque chose bouger en elle...

Notation

Mon Avis ? 

Lorsque le premier tome de la série était sortie en librairie, j'avais foncé dessus. J'étais très curieuse de lire un josei où le thème du handicap était mis en avant et je voulais voir comment l'auteur travaillait son histoire. Mais étrangement, alors que les bonnes critiques fusaient sur les blogs et les réseaux sociaux, je n'avais pas été transportée par cette lecture. Le dessin encore timide de la mangaka (première oeuvre !), l'héroïne très (trop ?) candide... l'émotion ne m'avait pas touchée et si j'avais décidé de continuer l'aventure c'était uniquement pour le héros, Ayukawa, que je trouvais tellement courageux.

Le tome 2 m'avait laissée un peu sur ma faim, comme lors du précédent tome, et j'avais été particulièrement outrée par les parents de l'héroïne. Leur étroitesse d'esprit m'ont fichu une claque que je n'ai toujours pas digérée ! Cependant, à la lecture du troisième tome, j'ai commencé à voir un changement. Curieuse d'expérimenter, j'ai donc relu les trois tomes à la suite... et la magie a fini par opérer ! 
L'émotion dont tout le monde parlait, les sentiments forts de l'héroïne et la souffrance du héros, tout prenait corps enfin devant mes yeux et je suis ressortie de cette lecture avec le coeur qui palpitait ! 

Oui, je vois les ficelles de l'histoire sans problème et oui les dessins ne sont pas révolutionnaires. Mais Perfect World est la première oeuvre publiée de l'auteur, de plus le josei, comme le shôjo, est un genre très codifié et à ce jour je ne me souviens pas avoir lu de manga qui se démarquait complètement du genre. Mais le thème du handicap est si bien amené, si bien présenté ! L'auteur ne nous épargne rien de la vie quotidienne difficile de Ayukawa, entre ses soins médicaux et son combat mental. Ici pas de naïveté comme je le craignais au début, pas de volonté bien pensante. L'histoire est dure et le couple de héros souffre. Et on souffre avec eux. Oui, parfois l'héroïne m'agace un peu tellement elle veut rester aimable envers son entourage (particulièrement face à son père) mais j'ai envie de la voir heureuse. J'ai envie de poursuivre cette aventure romantique et amère avec les héros, et de les voir surmonter toutes les épreuves que l'auteur (sadique) mettra sur leur route. 

Perfect World est loin d'être parfait mais pour un premier essai c'est un sacré pari qui promet d'être réussi ! Rie Aruga a encore beaucoup de choses à nous écrire, et j'ai envie d'être là pour les lire !

Takane & Hana


Auteur : Yuki Shiwasu
Éditeur : Kazé
Genres : shôjo, comédie, romance
Date de parution du dernier volume : 1er février 2017 (5 tomes, série en cours)
Prix : 6 €79

Quatrième de couverture : Hana, lycéenne de 16 ans, est contrainte de prendre la place de sa soeur lors d'une rencontre arrangée ! Présentée à l'héritier du grand groupe Takaba, le très séduisant Takane Saibara, la jeune fille déchante vite face à son arrogance. N'y tenant plus, elle lui jette ses quatre vérités à la figure, croyant se débarrasser ainsi de lui. Pourtant, dès le lendemain, Takane lui propose un nouveau rendez-vous, à croire qu'il en redemande ! 

Notation

Mon Avis ? 

Très honnêtement, je me la suis jouée vieille râleuse concernant ce manga. Shôjo (déjà il partait mal), couverture colorée avec une héroïne en uniforme et les cheveux roses... franchement ça partait pas d'un bon pied. Et puis le spitch n'aidait pas : la rencontre entre une lycéenne forcément caractérielle et un jeune homme fortuné forcément arrogant. J'avais l'impression d'avoir déjà vu ce scénario des dizaines de fois. Donc j'ai rapidement tourné la tête pour partir vers d'autres horizons. 
Pourtant, Takane & Hana est revenu plusieurs fois à la charge. Les réseaux sociaux, les vidéos bilan lecture des booktubeurs... on essayait visiblement de me faire passer un message. Du coup, pendant la visite hebdomadaire chez mon libraire de quartier, sans trop savoir comment ni pourquoi les cinq premiers tomes ont sauté dans mon sac. Je n'ai pas eu le temps de comprendre que je les ramenais déjà chez moi et que je me plongeais d'un pas traînant dans la série... Je peux le dire officiellement : je suis une vieille râleuse remise à sa place.  

Déjà c'est drôle. Non pas juste une ou deux fois mais tout le temps. Les deux personnages principaux passent leur temps à s'envoyer des piques pour déstabiliser l'autre. Donnant aux lecteurs des dialogues très rapides et des répliques très bien trouvées ! Hana est une adolescente sarcastique et Takane est tellement hautain que le simple fait de s'excuser le rend physiquement malade (petite nature). J'ai éclaté de rire plusieurs fois durant ma lecture et le côté comique se tient tout du long. Un régal pour la bonne humeur ! 

Ensuite, ce manga joue avec les codes du shôjo. Certes on part d'un duo basique : lycéenne / homme d'affaires, mais bon nombres de stéréotypes sont déjoués au fil des chapitres. Sans trop vous en dire, le simple enjeu de départ : Hana devant mentir à Takane est bousculé dès la fin du premier chapitre. Ensuite, d'autres codes sont ajoutés à l'intrigue et tout de suite rembarrés : le meilleur ami potentiellement rival, la copine de lycée de Takane belle et intelligente, l'ancien meilleur ami de Takane qui a brisé leur amitié, etc... Sans non plus partir dans le pastiche de shôjo, Takane & Hana se démarque par une vision très critique de son auteur. Yuki Shiwasu connaît son public et s'amuse avec lui (il s'agit de la cinquième série publiée de cette mangaka). 

Certes, Takane &  Hana reste un shôjo, on peut se douter de la fin. Mais il reste néanmoins des points qui peuvent intensifier le récit. A commencer par l'énorme différence d'âge entre les héros (Takane à 26 ans et Hana 16 ans) qui commence tout doucement à être abordé de temps en temps. Mais surtout il s'agit d'un shôjo comique. Si sentiments et drama il y aura, ils seront forcément traiter avec humour, et rien que ça c'est une excellente chose. Car si certains titres sont remarquables pour les émotions qu'ils provoquent chez leurs lecteurs, beaucoup de shôjos en font trop niveau violon et larmes et c'est quelque chose qui m'avait toujours rebuté. 

Alors oui, j'ai envie de signer un contrat de confiance avec cette série. Je sens qu'elle me promet de belles crises de fou rire ! Contre toute attente, Takane & Hana est devenu un vrai coup de coeur ! Qui aime bien châtie bien et ce duo décalé respecte ce dicton à la lettre, pour notre plus grand plaisir ! 

lundi 20 février 2017

Jane Eyre


Auteurs : Charlotte Brontë & SunNeko Lee
Éditeur : Nobi Nobi !
Genres : shôjo, romance, classique, adaptation
Date de parution : 8 février 2017 
Prix : 10 € 75

Quatrième de couverture : Jane Eyre est une orpheline recueillie par sa tante, une femme jalouse qui fait de sa vie un enfer. Aidée par le médecin de famille suite à un malaise, Jane va partir dans le pensionnat de Lowood, une école insalubre où le typhus fait beaucoup de victimes. Rescapée de cet endroit, elle trouve ensuite un emploi de gouvernante dans le manoir de Thornfield. Sa rencontre avec le maître des lieux bouleversera sa vie à tout jamais, mais l'indépendance de la jeune femme lui permettra-t-elle d'atteindre ce bonheur longtemps recherché ? 

Notation








Mon Avis ? 

J'ai une affection toute particulière pour le roman de Charlotte Brontë car il fut l'un de mes livres d'enfance. Jane Eyre fut certainement la première grande héroïne qui a marqué mon expérience de lectrice, et quand j'ai appris que les éditions Nobi Nobi ! comptaient publier son adaptation en manga j'étais toute heureuse ! 

La collection "Les classiques en Manga" de Nobi Nobi ! m'avaient déjà permis de me régaler avec les adaptations des Quatre Filles du Docteur March, Petite Princesse Sara ou encore Les Aventures de Tom Sawyer. Cependant le tableau n'est pas parfait car d'autres titres de cette même collection m'ont laissé plus dubitative. Soit à cause du côté trop enfantin donné à l'adaptation soit à cause des styles graphiques auxquels je n'ai malheureusement pas accroché (Les Misérables ou Les Trois Mousquetaires). Alors, de quel côté allais-je pencher pour Jane Eyre, le petit nouveau de la collection ? 

Encore une fois, cette adaptation est très fidèle à l'oeuvre originale et j'ai été heureuse de revoir certains passages oubliés. L'attention portée à la narration, où c'est Jane qui s'adresse aux lecteurs est également très bien retranscrite. Le langage est donc soutenu, avec un vocabulaire recherché mais n'en reste pas moins accessible aux jeunes lecteurs. La certaine mélancolie que j'avais ressenti dès ma première lecture de Jane Eyre est parfaitement reconnaissable avec ce manga et l'ambiance si romantique (autant sentimentalement parlant que littérairement, puisque le roman s'inscrit dans le genre romantique du XIXe siècle) donne une profondeur au récit qui plaira autant aux connaisseurs qu'aux novices du genre ! 

Graphiquement parlant, c'est très typé manga pour jeunes filles. Les demoiselles sont représentées sans défaut, avec de grands yeux lumineux et des chevelures de rêve. Les personnages masculins, même si ils sont peu nombreux ont tous été représentés beaux (même pour le personnage de Rochester qui n'est pourtant pas décrit comme étant un bel homme tout au long de l'histoire) et charismatiques. Mais la dessinatrice a su jouer avec parcimonie du côté stéréotypé car si les personnages sont tous agréables à voir, ils n'en sont pas moins dépourvus de caractère. A leur simple vu, le lecteur peut deviner le rôle important que tel ou tel personnage jouera, et ce avant d'approfondir la lecture avec les dialogues. Ce qui est étonnant c'est de voir à quel point le personnage de Jane peut sembler plus "simple" que tous les autres personnages. Aussi bien représentée enfant qu'adulte, son physique n'évolue pas vraiment et elle peut même paraître assez effacée quand elle partage une scène avec des personnages plus travaillés comme Rochester ou encore Adèle. 
J'ai également beaucoup aimé l'attention porté aux décors où le sens du détail apporte juste ce qu'il faut aux planches, sans pour autant troubler la lecture par un trop plein d'informations. 

Au final je ressors assez satisfaite de cette lecture : heureuse d'avoir retrouvé l'ambiance d'un roman de jeunesse mais pas complètement convaincue par la représentation du personnage de Jane. Ce manga reste néanmoins un très beau titre pour la collection de Nobi Nobi ! qui, je l'espère, continuera de nous régaler avec de jolies adaptations !